LA LETTRE À ELLIS

En 1909, mon grand-père italien Guiseppe Riscaldino réalise son rêve : il quitta son village natal, Brandizzo, petit village à côté de Turin, sa famille, ses quatre sœurs et partit vers la Porte d’Or, l’Amérique. Il voyagea dans des conditions difficiles en 3ème classe, prit le train, le bateau pour arriver à Ellis Island, petite île à New York Harbor à côté de l’île de la Statue de la Liberté comme 8 millions d’Européens qui entrèrent aux Etats-Unis à travers le portail d’Ellis Island entre le 1er janvier 1892 et le 12 novembre 1954.
J’ai retrouvé la trace de son passage sur Ellis Island où je suis allée en 1994. J’ai son passeport que je garde comme un talisman, on retrouve son passage sur la liste des immigrants, il passa en 1913, voilà un siècle.
J’ai été portée toute mon enfance par l’histoire de ce grand-père maternel que je n’ai jamais connu et qui avait tout abandonné pour partir chercher fortune à Buenos Aires où il ouvrit un grand hôtel restaurant sur la côte au Trebol : « El Colon ».
Aujourd’hui Ellis Island ait intégrée au monument national de la statue de la Liberté.
L’image est très belle : le passage vers la liberté, vers le tout est possible, vers la fortune, vers le nouveau monde.
Aujourd’hui 150 millions d’américains ont un ou plusieurs descendants qui ont transité par Ellis Island. Le nom de l’île Ellis vient de son ancien propriétaire avant qu’elle ne soit achetée par les deux états : New Jersey et New York. Ce portail vers le nouveau monde fut agrandi de 3,3 ares à 27,5 hectares et les architectes l’ont construite de telle sorte que les navires déchargeaient directement les immigrants sur l’île.

Les cartes :
Les cartes sont plus qu’un outil, elles sont une représentation de lieues, d’histoire de vie, du rêve à la guerre, de frontières, de passages, de départs, d’installations, de fantasmes…
La topographie des cartes, leurs textes, leurs contours représentent bien sur des lieues identificateurs mais aussi et surtout des mouvements, des déplacements physiques, psychologiques et surtout tracent l’histoire politique des populations.

Le rêve américain :
J’ai été bercée par l’histoire de Guiseppe, cet homme digne et politique qui a tout quitté pour sa famille, faire fortune, suivre son rêve, sa folie, un projet grandiose pour les habitants d’un petit village italien, ce fut les nouveaux aventuriers de la « porte d’or ».

ASTRUC, petite fille de Guiseppe Riscaldino.